1965

Victoria de Los Angeles

Une erreur de casting ?

« De nouveau nous avons là une grande vedette, cantatrice admirable dont le talent ni les réussites ne sont en cause, mais qui, la soirée durant m’a fait l’impression de peiner à la recherche d’une expression qui n’est pas ‘dans ses cordes’. »

Ed.M.-M, La Tribune de Genève, 1.04.1965

 

« Sa voix est d’une couleur et d’une musicalité enchanteresses »

A. Desponds, Feuille d’Avis de Lausanne, 1.04.1965

Fatigue, contre-emploi ou coquetterie ?

Alors que la grande vedette catalane valait, à elle seule, le déplacement pour cette reprise de la production de 1963, « devons nous l’avouer ? Ce ‘plateau’ de Faust nous a un peu déçu. »

André Turp (Faust) et Victoria de Los Angeles (Marguerite).

« Il semble que cette voix veloutée, souple, nuancée, ce jeu sensible et retenu, auraient fait merveille dans bien d’autres rôles. D’autant plus que ‘Faust’ qui n’est pas l’opéra d’une soliste comme la ‘Traviata’ ou ‘Butterfly’ exige un plateau bien équilibré », analyse Jean Delor. 

« Où sont les Régine Crespin et Géori Boué d’antan ? »


 

Bien plus sévère, Jean-Roger Didier blâme « ses minauderies, ses attitudes figées, ses éternelles demi-teintes ; ses escamotages vocaux qui lui permettent de ne tenir que les notes très hautes (car très pures chez elle) sont bien lassants, surtout lorsqu’on attend d’une vedette beaucoup plus.
Que nous voilà loin du bel canto ! »

Et Jacques Poulin de renchérir :
« Mme Victoria de Los Angelès, elle, use avec prudence d’un organe d’un admirable métal, semblant, au long des actes, réserver sa puissance pour le triomphe final. »

Peut-être, suggère Le Journal Français, « la grande cantatrice traînait-elle le soir de la première les séquelles d’une grippe ; elle ne parut pas, ce soir-là, en possession de tous ses moyens. »

sa voix pure avait de la peine à dépasser le huitième rang des fauteuils

En somme, « Mme Victoria de Los Angeles a quelque peu déçu. Sa voix d’une extraordinaire pureté est souvent si faible qu’il est permis de se demander si l’on entend vraiment un soprano dramatique », conclut Voix ouvrière.

Lifestyle

De g à dr : Michael Langdon (Méphistophélès), Victoria de Los Angeles (Marguerite) et André Turp (Faust).

« La grande cantatrice qui va interpréter le rôle de Marguerite de Faust au Grand-Théâtre est arrivée hier en fin d’après-midi, de Londres par un ‘Coronado’ de la Swissair. 
La célèbre chanteuse qui était accompagnée par son mari a été accueillie au nom de M. Lamy, directeur général du Grand-Théâtre, par M. Robert Weisz, chef du service des publics relations. »  

Carnet du Jour, Journal de Genève, 20-21.03.1965

Grand Théâtre Genève

Faust à l’Opéra des Nations

Du 1er au 18 février

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